Du XIXème siècle à nos jours

Histoire du chapeau

L’importance du chapeau sur le plan social s’impose : seules les femmes du peuple portent le bonnet. Le chapeau révèle les goûts mais aussi le niveau social.

Les hommes eux aussi portent quotidiennement le chapeau, qui est différent selon la classe sociale : casquette des ouvriers, chapeau melon, haut de forme pour les plus fortunés.

Dans l’omnibus, Maurice Delondre, 1890, musée Carnavalet²

Le chapeau est indispensable à la tenue : on ne sort pas « en cheveux », c’est incorrect. Les modistes répondent à la demande d’une énorme clientèle. Les manufactures de chapellerie produisent en grand nombre et en prêt à porter.

Le chapeau évolue selon les modes vestimentaires.

Femme portant une capote (empire1800-1820) La mode en 1830

La mode en 1840 robe à crinoline, 1860 1873

Charles Worth, français d’origine britannique, est considéré comme le fondateur de la haute couture. Il est le premier à collaborer avec une modiste, Madame Virot, dans les années 1890.Elle travaillait en relation étroite avec le couturier mais interprétait les idées de ce dernier à sa façon.

Ensemble de promenade, Worth, 1898

Chapeau Miramon, maison Virot, 1905 Chapeau de la maison Virot, 1907

La maison Virot lance la mode des chapeaux faits de soies chiffonnées rebrodées d’or et de perles fines, de brocarts tissés d’or de différents tons, ou de velours incrustés de broderies et de pierres précieuses. Ces chapeaux sont très riches, rehaussés par des plumes blanches ou noires et des aigrettes marabout que retiennent des bijoux. Gabrielle Chanel, qui fut modiste avant de créer des vêtements disait des chapeaux de cette époque : « C’était grotesque ! Comment un cerveau pouvait-il fonctionner là-dessous ? Les femmes que je voyais aux courses portaient sur la tête d’énormes tourtes ; mais ce qui me faisant horreur, c’est que ces chapeaux ne leur tenaient pas sur la tête. » 

En 1913, elle lancera une ligne de vêtements aux formes épurées. Les chapeaux Chanel se distinguent par la simplicité de leur forme.

Gabrielle Dorziat (actrice) porte des chapeaux Chanel, 1912

Le grand couturier français Paul Poiret crée, à partir de 1906, des robes portées sans corset, à la silhouette allongée. Il va créer un nouveau type de chapeau féminin : le turban.

Turban, Paul Poiret, 1911

A partir des années 20, les femmes se coupent les cheveux et le chapeau cloche apparaît : chapeau aux lignes simples, parfaitement adapté aux coiffures courtes et raides des « garçonnes ».

Relevé devant, derrière ou sur le côté, il se porte très bas, enfoncé jusqu’aux sourcils.

 De plus, les femmes se mettent aux activités sportives et des coiffures sont créées pour ces activités : automobile, bain …

Dans les années 30, les chapeaux sont à nouveau très travaillés : coques, aigrettes, ailes, nœuds …

Chapeau Rose Valois, 1938

Durant la deuxième guerre mondiale, il y a une pénurie de matériaux. On doit donc trouver des matériaux de substitution : on recycle le bois, la paille, le liège, le papier. Durant cette période, le chapeau doit aussi apporter des solutions concrètes au froid, au travail en sine, à la difficulté d’entretenir les cheveux : le turban revient à la mode.

Après la guerre, on assiste au retour des belles matières. Les créateurs travaillent dans une volonté de raffinement et d’opulence. Le new-look lancé par Christian Dior en est un parfait exemple : il souhaitait créer des « femmes fleurs » à la taille fine et aux jupes larges comme des corolles.

Se couvrir les cheveux d’un large chapeau ou au moins un petit couvre-chef est obligatoire, de même que les gants le plus souvent. Les accessoires, que ce soit le sac à main, la ceinture marquant la taille, ou les chaussures, doivent être assortis .

Tailleur Bar, Dior, 1947 vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=6m1OcMzePqs

Dès la fin des années 1950, on perçoit des changements dans la société : musique, mouvements artistiques, apparition de nombreux couturiers qui vont proposer des nouveautés. Mary Quant, couturière britannique, invente la minijupe. On n’hésite plus à montrer son corps. Courrèges, invente le combi shorts, les bottes plates ,etc. Yves Saint Laurent, qui a ouvert sa maison de couture en 1962, s’inspire de la mode masculine pour la transposer à la femme : il créée le trench et le caban féminin en 1962, le smoking en 1966, la saharienne et le pantalon de tailleur en 1967…

mini robe Courrèges en 1967 smoking Saint-Laurent , 1966

Dès lors, dans un monde où tout s’accélère, porter le chapeau n’est plus une obligation sociale. Il n’est plus, de nos jours, qu’un porté pour se protéger des éléments (pluie, soleil) ou lors d’occasions spéciales (mariages…)

L’Antiquité

Histoire du chapeau

Dans la Grèce Antique, les femmes portaient la tholia : chapeau en paille rond à bords reliées en pointe au centre.

Les esclaves affranchis se reconnaissent par le port du pileus (chez les Romains) ou pilos (chez les Grecs) : c’est une sorte de bonnet de feutre qu’ils portaient comme symbole de leur liberté.

 A gauche : Jeune femme drapée appuyée contre un pilier.

A droite : Figurine en terre cuite grecque, production de Tanagra, Ulysse coiffé du pilos, fin -IIIe ou début -IIe siècle. Musée du Louvre

XVIIème et XVIIIème siècles

Histoire du chapeau

A la cour du roi Louis XIV, les hommes de la noblesse portent une perruque lourde et volumineuse, Elle était si lourde (un kilo environ) qu’on se faisait raser la tête pour les porter. Le chapeau est un grand feutre garni de plumes et de rubans.

Le roi et Colbert par Charles Le Brun

La coiffure des femmes est faite de boucles et de rouleaux, auxquels on peut ajouter un ornement (ruban). Elle est recouverte d’un voile (la coiffe) ou d’une mantille. Avec les temps, les coiffures prennent de plus en plus de volume.

Coiffures « à la Fontanges »

Vers 1700, la perruque se poudre de blanc . Les bords du chapeau se retroussent pour donner le tricorne.

Louis XVI en costume de sacre, Anoine-François Callet, 1788, château de Versailles

Pendant que la noblesse s’amuse à la cour, le peuple vit dans des conditions tellement difficiles qu’il se révolte à partir de 1789. Les révolutionnaires vont utiliser le chapeau comme symbole d’appartenance à leur cause : chapeau à plumage et cocarde tricolores, bonnet phrygien (il tire sa symbolique de liberté de par sa ressemblance avec le pileus que portaient les esclaves affranchis dans l’empire romain).

Jugement de Marie-Antoinette au tribunal révolutionnaire.

Bonnet phrygien portant une cocarde tricolore, anonyme, BNF

La Renaissance

Histoire du chapeau

De nombreuses coiffures ont coexisté à cette époque. Par exemple :

  •  Le balzo : toque italienne ressemblant à un turban car elle était constituée d’un bourrelet recouvert d’une résille dorée.

  •  Le béret était une autre sorte de toque, souple et plate, ronde ou carrée, de tailles variées. Il était souvent en velours et décoré de broderies et de plumes. Il était porté aussi bien par les hommes que par les femmes.
  • La toque garnie d’une aigrette qui pouvait comporter un chaperon en forme de cœur dont la pointe s’avançait sur le front. Elles se démodèrent à la fin du règne de Henri III. Les dames ne porteront alors pratiquement plus de chapeaux pendant près de deux siècles sauf en des circonstances spéciales (la chasse par exemple).

Portrait d’Henri III de France avec sa toque chargée d’aigrette et cordons de diamants, dessin d’Étienne Dumonstier, Paris, après 1578.

Le Moyen-Âge

Histoire du chapeau

Les hommes :

Pour se protéger du soleil, le paysan porte un couvre-chef: une cale de toile, un chaperon (capuchon à collerette) , un chapeau de paille , un chapeau ou un bonnet de feutre .

Les nobles portent le chaperon en forme de cagoule couvrant les épaules sur des tenues ajustées. Ils portent également des chapeaux de feutre à large calotte, ou encore un bonnet de même matière mais très haut et sans bord.Portrait de Charles VII parJean Fouquet, vers 1445 ou 1450.

 Portrait de Charles VII par Jean Fouquet, vers 1445 ou 1450. Musée du Louvre.

Les femmes

Les femmes portent des voiles .Les jeunes filles vont tête nue alors que les femmes mariées portent un voile couvrant le cou, les oreilles et une partie de la chevelure, en accord avec les usages de l’Église
La chevelure féminine est considérée trop érotique pour être montrée . La chevelure de la femme mariée est considérée légalement comme propriété de l’époux.

Au XVe siècle, les coiffures deviennent extravagantes. Les cheveux peuvent être crêpés, tressés, renforcés de fausses mèches, ornés de fils d’or ou de perles, coiffés de voiles et de couvre-chefs en forme de cônes immenses ou de cornes appelés hennins, escoffions ou truffeaux.

A droite : Truffeau en forme de cœur

Au milieu : Hennin dit « papillon »

A gauche : Hennin conique qui pouvait atteindre 80 cm

La longueur du voile du indique le rang social de sa propriétaire. S’il atteint la ceinture, il est porté par une bourgeoise. S’il atteint les talons, il est porté par l’épouse d’un chevalier. Et enfin, s’il traîne au sol, il est soit porté par la reine, soit par une princesse. La chevelure est complètement cachée sous cette coiffe, et l’on n’hésite pas à épiler toutes les mèches qui dépassent.
Les femmes qui travaillent souvent en extérieur dans les champs ou sur les marchés, utilisent la coiffure comme un moyen pratique de se protéger du soleil, du vent ou de la pluie. Elles utilisent la plupart du temps un tissu blanc, aussi appelé « touaille », qu’elles disposent de différentes façons afin de ne pas être gênées par leurs longs cheveux pendant l’exécution de leurs tâches quotidiennes. Elles portent aussi le chaperon, comme les hommes.